Pourquoi sommes-nous si fatigués alors que nous dormons ?

"Je dors pourtant huit heures par nuit… alors pourquoi suis-je encore épuisé(e) au réveil ?

C'est une question que j'entends très souvent au cabinet. Les personnes qui viennent me consulter me disent souvent :
"Je dors, mais je ne récupère pas." Elles se réveillent déjà fatiguées, ont l'impression de fonctionner en pilote automatique toute la journée et, malgré leurs efforts, l'énergie ne revient pas vraiment. Pendant longtemps, elles pensent que cela finira par passer. Elles continuent à avancer, à gérer leur quotidien, leur travail, leur famille, leurs responsabilités… jusqu'au jour où le corps leur rappelle qu'il ne peut plus suivre le même rythme.

Et si cette fatigue n'était pas uniquement liée au manque de sommeil ?

 

Dormir ne suffit pas toujours à récupérer

Le sommeil est indispensable, bien sûr. Mais il n'est pas le seul élément qui permet à notre organisme de retrouver son équilibre.

Notre corps récupère véritablement lorsqu'il se sent en sécurité. Or aujourd'hui, beaucoup d'entre nous vivent dans un état de vigilance presque permanent. Le cerveau anticipe, organise, pense à demain, gère les imprévus, les responsabilités familiales, professionnelles ou financières…Même lorsque nous nous couchons, cette agitation intérieure ne s'arrête pas toujours. Le corps, lui, reste prêt à réagir. Les muscles demeurent parfois contractés sans que nous en ayons conscience. La respiration devient plus courte. Le cœur reste légèrement accéléré. Le système nerveux continue de fonctionner comme s'il devait rester en alerte. Nous dormons…Mais nous ne nous reposons pas réellement.

Lorsque le corps reste en alerte

Je retrouve très souvent cette fatigue chez les personnes qui franchissent la porte de mon cabinet. Elles arrivent avec le sourire, continuent à assurer leur quotidien, prennent soin de leur famille, de leurs proches, de leur travail…Mais elles ont parfois oublié de prendre soin d'elles-mêmes. Au fil de nos échanges, une phrase revient régulièrement : "Je pensais que c'était normal d'être fatigué tout le temps." Cette phrase me touche toujours. Parce que non, cette fatigue permanente ne devrait pas devenir une habitude.

Elle est souvent le signe que le corps demande simplement que l'on ralentisse.

Le stress ne disparaît pas en fermant les yeux

Le stress est une réaction naturelle. Il nous aide à faire face aux situations importantes de notre vie. Mais lorsqu'il devient permanent, il épuise progressivement nos ressources. À force de courir après le temps, de vouloir tout gérer, de faire passer les autres avant soi ou de ne jamais s'autoriser une pause, le corps finit par puiser dans ses réserves. Cette fatigue profonde peut alors s'installer. Elle se manifeste souvent par :

• une sensation d'épuisement dès le réveil ;

• des difficultés de concentration ;

• une irritabilité inhabituelle ;

• des tensions dans la nuque, les épaules ou le dos ;

• un sommeil léger ou entrecoupé ;

• la sensation de ne jamais récupérer complètement.

Ces signes ne sont pas des faiblesses. Ils sont souvent la façon dont le corps nous demande de ralentir.

Réapprendre à écouter son corps

Nous avons appris à écouter notre montre. Notre téléphone. Notre agenda. Les besoins des autres. Mais nous oublions parfois d'écouter la personne avec laquelle nous passons pourtant toute notre vie : nous-même.

Le corps nous parle chaque jour. Une respiration plus courte. Une mâchoire crispée. Des épaules tendues. Une boule dans la gorge. Le ventre noué. Une fatigue qui persiste malgré les nuits de sommeil.

Ces manifestations ne sont pas là pour nous compliquer la vie. Elles sont des messages. Les accueillir avec bienveillance est déjà un premier pas vers le changement.

Comment la sophrologie peut-elle aider ?

En sophrologie, nous ne cherchons pas à supprimer les émotions ni à "penser positif" à tout prix. Nous apprenons d'abord à ralentir. À respirer autrement. À retrouver la présence à notre corps. Grâce à des exercices de respiration, de détente musculaire et de visualisation positive, le système nerveux retrouve progressivement un fonctionnement plus apaisé. La respiration devient plus ample. Les tensions diminuent. Le mental ralentit. Petit à petit, le corps retrouve sa capacité naturelle à récupérer.

La sophrologie n'efface pas les difficultés de la vie. En revanche, elle nous aide à les traverser avec davantage de calme, de confiance et de ressources

Place à la pratique 

Une respiration douce pour préparer le sommeil

Au cabinet, il m'arrive souvent d'entendre cette phrase après quelques minutes de respiration : "Je ne pensais pas que respirer pouvait me faire autant de bien."

Ce n'est pas une respiration "magique". C'est simplement un moment où le corps comprend enfin qu'il peut relâcher la vigilance qu'il maintenait parfois depuis des heures, voire depuis plusieurs jours.

Je vous propose d'essayer cet exercice ce soir.

Installez-vous confortablement dans votre lit ou dans un fauteuil.

Puis posez une main sur votre ventre et l'autre sur votre poitrine.

Fermez doucement les yeux.

Inspirez tranquillement par le nez en laissant votre ventre se gonfler.

Puis expirez lentement par la bouche, comme si vous souffliez délicatement sur une plume.

À chaque expiration, imaginez que vous déposez un peu de votre journée.

Les pensées peuvent encore être présentes. Ne cherchez pas à les chasser. Ramenez simplement votre attention vers votre respiration. Sentez vos épaules devenir plus légères.Votre visage se détendre. Votre mâchoire se relâcher. Laissez votre souffle devenir naturellement plus lent.

Répétez ce mouvement pendant cinq à dix respirations. Puis observez simplement ce qui a changé. Souvent, ce n'est pas le sommeil qu'il faut aller chercher. C'est le calme. Et lorsque le calme s'installe, le sommeil trouve plus facilement sa place.

En conclusion…

Depuis plusieurs années, j'accompagne des adultes, des adolescents et des enfants qui souhaitent retrouver un peu plus de sérénité dans leur quotidien. Chaque personne est différente. Chaque histoire est unique.

Mais une chose me touche toujours autant : voir un visage se détendre au fil d'une séance, une respiration devenir plus profonde, un regard retrouver un peu de lumière. Ce sont souvent de petits changements qui ouvrent la voie à de grandes transformations.

Le corps nous parle chaque jour. Lorsque nous prenons le temps de l'écouter, il nous montre souvent le chemin vers un équilibre plus serein.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que vous n'êtes pas seul(e). Il est possible d'apprendre à ralentir, à relâcher les tensions et à retrouver un sommeil plus réparateur. Chaque pas compte. Et parfois, il suffit d'un espace calme pour commencer à aller mieux.

 

Sylvie Ferron
Sophrologue à Rethel

« Le corps nous parle chaque jour. Lorsque nous prenons le temps de l'écouter, il nous montre souvent le chemin vers un équilibre plus serein. »


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